Lee Wiley
Retour à l'index du site le-saxophone orchestres depuis les années 30 jusqu'à nos jours. Parmi les meilleures, citons Lee Wiley ; Peggy Lee qui eut son premier succès dans l'orchestre de Goodman; trois chanteuses qui se sont succédé chez Stan Kenton : Anita O'Day, June Christy et Chris Connor ; Maxime Sullivan avec l'orchestre de John Kirby et Helen Humes avec Count Basie. Toutes ces femmes étaient capables de chanter sur des rythmes de jazz, mais de nouveau elles se contentaient surtout de chanter des airs populaires. Un de leurs problèmes peut résider dans le fait qu'elles étaient attachées à la mélodie plus que ne l'étaient les instrumentistes. Le chanteur doit tout au moins se rapprocher de la mélodie pour pouvoir garder intactes les paroles et lorsque la ligne mélodique est lourde et peu mouvante il n'y a peut-être pas moyen de lui donner beaucoup de vie.
Mais Billie Holiday contourna le problème et réussit ,là où si peu y sont parvenus. Il est difficile de savoir exactement ce qui l'a mise en avant car les faits de sa vie pendant sa jeunesse sont obscurs. Elle a bien fait un livre sur sa vie, en collaboration avec William Dufty, Lady sings the Blues * , qui est un des livres les plus lus sur le jazz. Malheureusement il a été fait comme une biographie rapidement écrite et souffre des défauts traditionnels à ce genre de littérature. Avantageant surtout sa personnalité, cette biographie converge sur les faits sensationnels de la vie de Billie et nous dit trop peu sur sa musique. Fort heureusement, le critique de jazz anglais John Chilton a un peu corrigé cette lacune dans Billie's Blues mais ce livre ne raconte son histoire qu'à partir de 1933 lorsque commençait sa carrière.
Voyons les faits tels que Billie les relate. Elle affirme être née en 1915 et la très connue ligne qui ouvre le livre commence ainsi : « Mon père et ma mère n'étaient que deux gosses quand ils se marièrent. Il avait dix-huit ans, elle seize ; moi j'avais trois ans. » D'après ceci, sa mère aurait eu treize ans lorsque Billie est née, ce qui n'est pas une impossibilité, mais d'autres jaits montrent qu'elle a brouillé les dates. A un moment elle dit qu'elle avait treize ans quand elle vint à New York en 1927 ; à un autre moment, qu'elle a encore seize ans à Baltimore et une autre fois elle écoute « West End Blues » de Louis Armstrong — qui fut enregistré en juin 1928 — dans un bordel de Baltimore lorsqu'elle avait « plus de seize ans ». Il est probable, alors, qu'elle est née plus près de 1912 que de 1915, et que ses parents étaient, eux aussi, plus âgés.
Le père de Billie, Clarence Holiday, fut gazé pendant la Première Guerre mondiale — à l'âge de dix-sept ans — si nous nous en tenons aux dates que donne Billie — ce qui gâcha son ambition de devenir trompettiste. Il se décida à jouer de la guitare et travailla avec Mac Kinney et Fletcher Henderson ce qui confirme qu'il avait du talent. Sa mère, Sadie Fagin, était un quart irlandaise et vivait avec ses parents lorsque Billie était encore un bébé. A un moment cependant, Sadie alla à New York pour trouver du travail et Billie fut élevée par des parents. Le livre de Dufty est bourré d'une litanie d'injustices : les parents la battaient, les voisins l'accablaient de sarcasmes, un voisin' essaya de la violet•. Pendant toute sa vie Mille fit des efforts pour se présenter