Forums de discution autour du saxophone
Retour à l'index du site le-saxophone Chez Gryce, aussi, l'écriture joua un grand rôle. Ce musicien noir étudia la composition au Conservatoire de Boston et vint à Paris parfaire ses connaissances auprès d'Arthur Honegger et de Nadia Boulanger. Il se signala bientôt comme un compositeur extrêmement doué et Stan Getz s'empressa d'enregistrer plusieurs de ses oeuvres, dont Yvette, Wildwood et Mosquito Knee.
Né en 1927, Gryce admira autant Johnny Hodges que Benny Carter et Charlie Parker que Lee Konitz et oscilla, selon les moments, entre une démarche élégante, presque précieuse, et une approche plus brute, sinon brutale, correspondant à une évolution plus générale de la mode vers le milieu des années 50. Si le compositeur et l'arrangeur ne parvinrent pas à réduire au silence le soliste, le professeur l'emporta en dernier ressort et il finit par se consacrer à l'enseignement,
Lennie Niehaus
Sa passion pour l'art de l'arrangement l'incita à rencontrer Stan Ken-ton, dont il devint un des principaux solistes entre 1954 et 1959. 11 effectuait une synthèse intéressante entre un jeu directement inspiré de Parker et une sonorité assez proche de Konitz. Sur le plan de l'écriture, il a réalisé la partie la plus intéressante de son oeuvre avec son propre sextette et son octette. Elle a d'ailleurs suscité l'admiration d'André Hodeir, ce qui n'est pas si fréquent.
À partir du début des années 60, Niehaus a pratiquement disparu de la scène du jazz, se consacrant au grand commerce hollywoodien. L'essentiel de sa carrière jazz reste associé au jazz californien.
Dave Schildkraut
Né en 1925, il joua à partir de 1941 dans divers orchestres. Au début des années 60, il dirigea même son propre groupe, avant de disparaître peu à peu de la scène du jazz, prenant en emploi de postier.
Le jazz ne manque pas de musiciens assez obscurs, dont on est tenté périodiquement de rappeler l'importance, tentation évidente pour Ir spécialiste. Outre qu'il était un excellent soliste, un saxophoniste émouvant, Schildkraut avait la particularité d'endosser une personnalité usez différente selon qu'il utilisait l'alto ou le ténor. À l'alto, il était assez proche de Konitz et constituait même un exemple intéressant de rencontre entre les conceptions parkériennes et celles de Konitz, disons pour simplifier qu'il tenait à adapter le phrasé de l'un à la sonorité dr l'autre, non sans autorité.
Vinnie Dean
Parmi les seconds couteaux, musiciens rarement mis en valeur, souvent éclipsés par tel ou tel compagnon de section, soliste de grande envergure (tel Lee Konitz chez Kenton), Vinnie Dean fut pourtant un lead alto apprécié, chez Charlie Barnet, à la fin des années 40, auprès de Woody Herman, en 1952, avant de passer chez Kenton la même année. Ses rares solos s'inscrivent dans la perspective parkéro-konitzienne, voire I ' inverse.