saxophone et flute de pan
Retour à l'index du site le-saxophone Jimmy Halperin, Chas Burchell et Gray Allard Messagede Fiolet » Sam 18 Avr 2009 02:36
Jimmy Halperin, Chas Burchell et Gray Allard
Dans le genre mal loti, Popkin n'est pourtant pas le mieux servi. En effet, un autre ténor, ancien élève de Tristano, avec qui il étudia entre 1976 et 1978, puis de Sal Mosca et de Warne Marsh n'a presque jamais fait surface. On peut écouter Halperin, invité par Marsh, sur un album de ce dernier « Back Home ». Deux saxophonistes ténors anglais peuvent être ajoutés à la courte liste des « Marshiens », le regretté Chas Burchell — souvent associé au contrebassiste Peter Ind — et Gray Allard (qui étudia d'ailleurs avec Marsh), lié au même milieu.
VERS LE MILIEU DES ANNÉES 50, le jazz accusait un essoufflement évident. Il se produisit alors une réaction vigoureuse face aux excès d'intellectualisme, du moins ce qui était perçu comme tel,
ou de sophistication et surtout contre les méfaits du cyclone Parker : combien de musiciens ne tournaient-ils pas en rond comme des bous-soles affolées, s'épuisant à poursuivre la quête de Bird ?
Le mouvement en question prit divers visages. Sur son versant par-kérien, il enfanta le hard bop, le funky ou le soul jazz, manières de désigner des phénomènes musicaux très proches visant à redonner de la vigueur à la musique issue de Charlie Parker, c'est-à-dire en la simplifiant afin de la rendre plus accessible, ou en lui apportant un matériau thématique proche du blues, de la musique de l'Église noire, voire de supposées racines africaines.
Cannonball Adderky
Au mois de juin 1955, à Greenwich Village, en plein coeur •de New-York un événement inattendu se produisit au Cafe Bohemia, un grand club de jazz. Oscar Pettiford y était programmé, mais son saxophoniste, malade, n'avait pu venir jouer. L'atmosphère était à l'ennui. Un jeune hotnine, plutcît du genre grassouillet, s'approcha de l'orchestre. Il tenait
un saxophone alto à la main et demanda l'autorisation de se joindre à eux. Oscar accepta, mais ne manqua pas d'attaquer, sur tempo très rapide, un thème peu aisé, Remember April. Le bleu s'en tira admirablement et continua alors à jouer avec le groupe. Par chance, d'autres musiciens se trouvaient dans la salle, notamment Quincy Jones et Clark Terry. Et la nouvelle se répandit bientôt qu'un jeunot aux dents acérées venait de débarquer à New York, son nom était Julian Adderley, surnommé « Cannonball ».
Fort peu de temps après, il fut convié par Savoy à enregistrer un premier disque, « Bohemia After Dark », le 14 juillet 1955. Dans les trois semaines, il en enregistra trois autres, dont deux sous son nom. Mercury, grande marque de disques chicagoane, s'empressa de le prendre sous contrat. Charlie Parker était mort peu de temps auparavant, le 12 mars, et certains virent alors en Cannonball le successeur vraiment digne de monter sur le trône.
Adderley était né en Floride, en 1928, et il avait fait de longues études musicales. Il devint directeur musical de l'orchestre du Dillard High School. Son surnom venait, raconta-t-on, d'un concours « à qui mange- rait le plus », entre lui et un autre musicien. Cannonball gagna sans difficulté. Un batteur qui assistait à la confrontation s'empressa de l'appeler « cannibale » ; le malheureux étant affligé d'un défaut de prononciation, tout le monde entendit « cannonball » et le surnom resta. Avant d'avoir écouté Charlie Parker, Adderley avait été particulièrement intéressé par le jeu de deux saxophonistes ténors, Ben Webster et Don Byas. Évidemment, la découverte de Parker fut décisive : « J'écoutais tous les autres altos et il y en avait de très bons, mais il me semblait toujours qu'il leur manquait quelque chose. Lorsque j'ai entendu Bird pour la première fois, j'ai immédiatement su que c'était ÇA. »
Les premiers disques de Cannonball témoignent de cette ressemblance, mais ils montrent aussi de sensibles différences. Sur les bal-lades, en particulier, la marque de Benny Carter est décelable. Par ailleurs, la sonorité de Cannonball est fort différente, elle est nette-ment plus unie et son vibrato plus marqué. La sonorité de Bird ne put jamais être imitée, encore que ceux qui l'ont entendu jouer en salle ont dit que le disque n'avait jamais vraiment capté la fantastique puissance de sa sonorité. Ce que les imitateurs n'avaient su reproduire était la variabilité de la phrase parkérienne, ses différences d'intensité et de volume.
Cannonball avait une technique de saxophoniste exceptionnelle, une
embouchure impressionnante. Cela, les musiciens l'avaient senti immédiatement. Il existe un disque enregistré pour Mercury en octobre 1555, « Julian Cannonball Adderley and Strings » où il est accompagné par un grand orchestre comprenant des cordes. On sait que les jazzmen ont rarement été à la hauteur de telles ambitions et, pourtant, Adderley s'en sort fort bien, non que les arrangements pour cordes aient un intérêt énorme, mais grâce à l'expression même du saxophoniste. Sa technique apparaît éclatante, presque implacable. Elle prend un caractère fascinant.
À l'inverse, l'audition de ses solos révèle une inspiration plus discutable. Leur construction n'est pas toujours probante et les idées d'un intérêt variable.
- Sertfc