Dick Johnson l'altiste
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Dick Johnson naquit en 1925. Les premiers pas de cet altiste se perdent dans la forêt des big bands (Charlie Spivak à partir de 1952, Buddy Morrow en 1955, etc.). Un album paru en 1956 chez EmArcy attira un instant l'attention sur ce parkérien particulièrement doué. Mais il retrouva bientôt l'anonymat des grandes formations et, à part un nouveau disque pour Verve en 1957, il fallut attendre 1979 pour le retrouver, aussi fringant qu'à ses débuts avec son phrasé magnifiquement découpé et ses tracés ondoyants. C'est le mérite d'un label comme Concord de donner la parole à des musiciens qui sont loin d'avoir dit leur dernier mot et qui ne sont pas dans le collimateur de la mode.
Joe Romano
Tant au ténor qu'à l'alto, Joe Romano, né en 1932, dut attendre la fin des années 1980 pour voir sortir son premier disque, édité par le Catalan Jordi Pujol. Et, bien qu'il fût un véritable professionnel — notamment chez Woody Herman, épisodiquement entre 1956 et 1966, Chuck Mangione, Buddy Rich —, on le connaît mal car on l'entend en solo sur peu de disques (un de ceux qui le mettent le mieux en valeur est celui d'Art Pepper « At Donte's », de 1968).
Parkérien habité au saxophone alto, il est aussi un maître du saxo ténor, capable d'audaces harmoniques et s'exprimant dans le cadre d'une syntaxe qui renvoie à Lester Young.
Romano est de ceux qui pratiquent une sorte de fusion entièrement dans le champ du jazz et dont l'enjeu est d'autant plus précieux qu'elle échappe au discours de la mode et, non moins, à son complément pernicieux, le rétro. À près de soixante ans, la musique de Romano est grosse d'un avenir qui, symboliquement, devrait être celui du jazz, tant il assume d'aventures sans esbroufe.
Curtis Amy
Né en 1929, il se plaça d'entrée sous la bannière des maîtres de Chicago. Après avoir connu divers employeurs, d'Amos Milburn, le chanteur et pianiste de rhythm and blues, à Dizzy Gillespie, il grava son premier album — si l'on omet le 78-tours de 1947 — en Californie, sur le label Pacific Jazz, en 1960. Au fil des disques, le spectre de son expression s'élargit car il succomba, lui aussi, aux sirènes coltraniennes — phénomène d'autant plus prévisible qu'il avait ajouté le soprano à sa panoplie instrumentale —, sans perdre pour autant son sens du blues.
Seldon Powell
Lestérien d'obédience, il sut imprimer à sa sonorité une dureté plus en rapport avec le contexte d'une grande formation, son histoire est en effet inséparable de celle des big bands modernes — de Benny Goodman à Thad Jones-Mel Lewis en passant par Woody Herman, Buddy Rich, Clark Terry, Louie Bellson, etc. Les trois seuls disques enregistrés sous son nom révèlent pourtant un musicien au jeu raffiné, aux qualités moins perceptibles dans le contexte d'une grande formation.