Stan getz et la bossa nova
Retour à l'index du site le-saxophone Il serait tentant d'écrire qu'en cette fin de janvier 1977, Stan Getz s'était surpassé à Copenhague, alors qu'en fait, une fois encore, il ne faisait que brosser devant son public un autoportrait irréfutable. Comme tous les grands improvisateurs, pour offrir la quintessence de son génie, il lui fallait la présence d'un auditoire — à combler, séduire ou convaincre, peu importe — et une complicité active avec ses partenaires. Getz a toujours pris un grand soin à choisir ses pianistes. Au "Montmartre", il se pré
sente en compagnie de Joanne Brackeen dotée d'une poigne de fer et d'un penchant affirmé pour le lyrisme. De conserve, ils signent des versions du Lady Sings the Blues d'Alec Wilder, d'Eiderdown composé par Steve Swallow ou de La Fiesta tellement indiscutables que Stan n'éprouvera plus le besoin d'y revenir par la suite. Quant aux rendus de Morning Star avec son introduction a capella, Infant Eyes, Lester Left Town ou Lush Life, ils comptent parmi les plus passionnants que Getz nous ait légués. épaulés par un tandem rythmique superlatif, Billy Hart et NHOP, Stan se déchaîne pendant plus d'un quart d'heure sur Con Alma. Un inédit par rapport à l'édition d'origine, tout comme La Fiesta qui, lui (est-ce par modestie ou par négligence ?) ne figure pas au générique du premier volume. Peut-être vaut-il mieux cela que le contraire... De toute façon, une telle somme de plaisir vaut bien que l'on passe sur quelques scories éditoriales (dont la durée parfaitement fantaisiste des
morceaux indiquée au dos du premier disque) .