Lee konitz le saxophoniste soupple
Retour à l'index du site le-saxophone LEE KONITZ
MATT WILSON
Gong with Wind Suite
Un saxophone alto dialoguant avec une batterie, la formule ne manque pas d'étonner, mais Lee Konitz possède plus d'un tour dans son sac. Avec l'excellent percussionniste Matt Wilson, son complice de longue date, il entretient une conversation à bâtons rompus se déroulant dans une atmosphère d'exquise urbanité; sans le moindre éclat de voix, loin des fureurs de toutes sortes. Une démarche qui se situe dans le droit fil de celle qui donna naissance à Intuition et Digression, ces pièces "libres-disciplinées" que l'alto grava en 1948 au sein du sextette de Lennie Tristano; on ne peut s'empêcher aussi de penser au travail de Shelly Manne (qu'admire Matt Wilson), Shorty Rogers et Jimmy Giuffre dans l'album "The Three". Les deux interlocuteurs conduisent ici une improvisation parallèle en treize parties dont le titre générique (en forme d'approximation), "Gong with Wind Suite", définit l'ambiance dans laquelle elle sera menée; une idée originale d'ailleurs car nature et jazz ne semblaient pas a priori destinés à vivre un partenariat autre que de convenance. Personne mieux que Lee Konitz n'aurait été capable d'aussi bien transcrire, au travers du souffle même de l'instrument, les infinies variations du vent; ses foucades (Stickin'), sa douceur (No Ill Wind, ses tourbillons (Snare Rattle). Qui, à part lui, insufflerait une telle sensibilité dans ce qui n'aurait pu être qu'un jeu de l'esprit? Existe-t-il un autre musicien que Lee Konitz pour nous tenir pareillement en haleine? Avec une telle constance.